par Julie
Brèves. De bureau. De comptoir.
Brève. Quelques secondes. Quelques minutes. Tout au plus.
Le weekend s’achève. Mon MEOS a été efficace et je n’ai plus d’encre autour du nombril. Les cheveux humides, les pieds croisés, la nuque tendue, j’entends plus que je n’écoute l’un des derniers tubes sur VH1 et je conte à qui veut bien lire de navrantes péripéties. J’ai rejoint Catherine, Denis, Markus et Stefano au De Zotte, Raamstraat 29. Des bières belges et la masse des gens, souriante et sans âge, et ce gros homme chauve, et les discussions pseudo-philosophiques, et son « God is Energy ». Deux, trois photos. Sébastien et son ami dont j’ai oublié le prénom. On arpente alors les ruelles sombres, joyeuses, presque liquides, se dirigeant sans savoir ni pourquoi ni même comment, vers le Bourbon Street au Leidsekruirsstraat 6-8. Je ne me souviens plus vraiment de ce qui advint après lui avoir tendu deux euros au lieu d’un, ni du son, ni des gens. Simplement de ma première vodka cranberry, d’un revendeur, de son bonnet, d’un numéro de téléphone sur un bras, d’un jean déchiré, d’une musique forte qui me plaisait et d’un poteau près de l’entrée. Après avoir flotté sur l’asphalte humide et grimpé d’interminables étages, je me suis endormie à moitié chez Sébastien. Il devait être 6 heures du matin. Le jour se levait. Et moi, je le vis quelques heures plus tard, laide de fatigue. Je me suis endormie dans le métro 50, puis dans le bus 92, manquant l’arrêt Metaal-je-ne-sais-trop-quoi, me réveillant à ce qui devait être le terminus. J’ai déambulé dans les rayons d’un Albert Heijn de banlieue. Puis, ce même 92 dans le sens inverse qui stoppa un arrêt trop loin. J’ai marché, alors que le soleil du nord, pâle et froid, éclairait la plaine.
Depuis, plus rien. J’ai acheté un gilet, regardé des futilités sur E ! Entertainment, teint les cheveux de Laëtitia, regardé Gummo qui me laisse sceptique, parlé avec S. de ce qui n’était plus malgré nous. Je ne lui ai presque pas menti. Si ce n’est ce détail là. Certaines choses se doivent d’être tues. C’est ce que je me dis pour ne pas m’en vouloir. Et me voici, les cheveux humides, les pieds croisés, la nuque tendue, n’écoutant pas plus l’un des derniers tubes sur VH1, honteuse et nauséeuse à la simple vue de la bouteille de vin qui attend entre le réfrigérateur et la plaque de cuisson. Et si les conséquences existaient et que ma théorie se noyait ?
« Song of the day «
I fly like paper, get high like planes. If you catch me at the border I got visas in my name. If you come around here, I make 'em all day. I get one down in a second if you wait. Sometimes I think sitting on trains, every stop I get to I'm clocking that game. Everyone's a winner now we're making that fame. Bonafide hustler making my name. All I wanna do is (bang bang bang bang) and (ka ching), and take your money… Pirate skulls and bones. Sticks and stones and weed and bongs. Running when we hit 'em. Lethal poison through their system. No one on the corner has swagger like us.Hit me on my Burner prepaid wireless. We pack and deliver like UPS trucks. Already going hell just pumping that gas. Third world democracy. Yeah, I got more records than the K.G.B. So, uh, no funny business. Some some some I some I murder. Some I some I let go…
M.I.A. : Paper Planes



